Rdc-Rwanda : Kisangani accueille la rencontre sur les FDLR le 26 mai 2008

La Conférence sur les FDLR se tient ce mardi 26 mai à Kisangani, chef-lieu de la province Orientale. Cette annonce a été faite à Brazzaville par le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi, dans le cadre de la réunion du Comité in­terministériel régional de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs A Kinshasa, le secrétariat technique du comité de pilotage institué par le chef de l’Etat depuis le mois de février est à pied d’œuvre pour assurer le succès de cette rencontre.

Ce propos, tous les onze pays de champ de la Conférence in­ternationale sur la région des Grands Lacs « appuient les ef­forts de la RDC visant à mettre en oeuvre le communiqué con­joint de Nairobi ». M. Mbusa a obtenu que «  la CIRGL encou­rage les ex-FAR/Interahamwe au désarmement et au rapatriement volontaire au Rwanda ». La même opportu­nité est offerte à « tous les grou­pes armés opérant illégalement en RDC ».

C’est sûrement « une dernière chance » que Kinshasa accorde aux membres de l’an­cienne armée de Juvénal Habyarirnana, a dit le ministre des Affaires étrangères qui n’a pas omis d’assortir son annonce faite au cours de la conférence de presse organisée à l’issue des travaux de Brazzaville de l’usage « de méthodes fortes ». Bien entendu, ce n’est pas le souhait de la RDC , a dit le ministre pour autant que « ce sont des êtres humains comme vous et nous ».

Pour Sezibera, l’ambassa­deur du Rwanda chargé de la région des Grands Lacs, son pays n’a pas « de position par­ticulière à ce sujet ». Les offi­ciels rwandais apprécieront lors de la prochaine rencontre du Comité conjoint des vérificateurs prévue en juin prochain à Kigali, a-t-il fait remarquer. La dernière avait regroupé, le 18 avril dernier à New York, tous les envoyés spéciaux chargés du suivi du com­muniqué signé dans la capitale kenyane, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2007. Le Rwanda, selon Mr. Sezibera, croit que la liste des 6997 génocidaires pu­bliée par son pays en février der­nier « ne doit rien bloquer ». « Ils peuvent rentrer » puisque « c’est leur propre pays », a-t­-il renchéri, en précisant, d’une part que son pays est » dans un processus de réconciliation nationale », et d’autre part, « tous ceux qui sont en RDC ne sont pas forcément des génocidaires ». Ils ne sont donc que « des présumés génocidaires, a-t-il insisté. Cette question a suscité des vieilles passions, a-t-on observé à Brazzaville, entre la délégation congolaise et rwandaise.

Kinshasa déjoue le piège

Il est important de souli­gner que d’entrée de jeu, l’en­voyé de Kigali a convié les parti­cipants aux assises de la CIRGL à condamner ce que son pays considère comme des « abus des principes de la compétence universelle de certains juges européens ». Il s’agissait au fait d’une totale remise en question du mandat d’arrêt que le juge français Jean-Louis Bruguière et l’autre juge espagnol ont lancé contre des officiels et officiers militaires rwandais.

Réaction du ministre Mbusa qui a obtenu à replacer les faits dans leur conteste et arracher l’assentiment de la majorité des participants pour que la recommandation rwandaise ne soit pas, comme souhaitée, faite aux chefs d’Etat. «  Si c’est cela, pour nous c’est impossible », a martelé le chef de la di­plomatie congolaise. Il y a eu un quasi blocage des travaux.

Le piège, d’après plus d’un participants aux assises de Brazzaville, résidait en ce fait qu’une fois cette proposition
adoptée, « elle aurait sapé tous les gains supposés acquis par la RDC dans ses différentes tentatives de faire infléchir Ki­gali pour tous les pillages et méfaits lui imputés » du fait de la dernière guerre dont les conséquences continuent à déstabiliser la partie Est de la RDC.

La Zambie et l’Angola ont estimé qu’il ne serait pas du tout indiqué qu’un dossier pour lequel personne n’a une bonne compré­hension soit recommandé aux chefs d’Etat. D’où la résolution  d’une étude approfondie de la question » par le secrétariat exécutif de la Conférence , et la Tripartite Plus « dans le cadre des principes de la justice in­ternationale, auxquels nom­breux Etats de la région ont adhéré ». Quitte à ce que la question puisse être traitée au cours d’une autre rencontre des ministres. Et que s’il le faut, elle soit examinée par les chefs d’Etat pour une éventuelle pro­position à faire dans le cadre d’un Sommet de l’Union africaine. La RDC a ainsi obtenu que rien ne vienne énerver le pays d’accueil du prochain sommet des chefs d’Etat prévu à Kinshasa pour le mois de décembre 2008 ».

Déclaration de la deuxième réunion ordinaire du Comité interministériel de la Cirgl

Les Etats membres de la Cirgl appuient les efforts du gouvernement de la Rdc visant à mettre en oeuvre le communiqué conjoint de Nairobi.

En conséquence, la Cirgl encou­rage les ex-Far/Interahamwe de procé­der au désarmement et au rapatriement volontaires au Rwanda.

La Girgl demande à tous les grou­pes armés étrangers opérant illégalement en Rdc, spécialement les Ex-Far/ Interahamwe, de saisir l’opportunité qui leur est offerte par le gouvernement de la Rdc de procéder au désarmement vo­lontaire.

Faute de quoi, une pression mili­taire sera appliquée telle que prévue par le communiqué conjoint de Nairobi, qui est appuyé par tous les pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et la commu­nauté internationale.

Fait à Brazzaville, le 22 Mai 2008

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Découvrons Racou

Les conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo, depuis 1992, ont imposé à la population l’absence de vie et de la dignité humaine caractérisée par la misère la plus avancée, le désespoir profond et la violation flagrante des droits humains s’en sont suivis. Malgré que la notion de paix soit devenue étrangère dans certaine partie de l’Est de la République Démocratique du Congo, on observe au Nord- Kivu une certaine renaissance et cohabitation entre les populations. 
 
Très préoccupée par cette question de la paix et du développement dans le territoire de Rutshuru, l’association sans but lucratif, Centre d’ Etudes et de recherches en Education de Base pour le développement Intégré, CEREBA en sigle, une ONG locale opérant dans la Province du Nord- Kivu ayant à l’époque son siège social dans la cité de Kiwanja transformé maintenant à bureau de liaison, a mené des enquêtes sur l’impact des stratégies employées en vue d’instaurer la paix dans ce territoire.  
 
A l’issu de ces enquêtes, les résultats ont révélé que : 
 
• Les stratégies utilisées jusqu’à ce jour faisaient exclusion nette des communautés à la base aux démarches visant la paix et le développement en raison de 95 es membres exclus. 
• Seuls 10 e membres de la communauté à la base étaient impliqués dans les démarches qui se faisaient souvent sous forme des séminaires ateliers. 
• La majorité des membres des ONG et coopératives, les autorités politico- administratives, les autorités scolaires et certains consultants indépendants étaient les plus impliqués dans ces démarches. 
 
En revanche, l’ONG CEREBA a déduit que toute stratégie qui exclut la communauté à la base a moins de chance de réussir pour contribuer à l’instauration de la paix en Province du Nord- Kivu et qu’il fallait donc, pour contribuer à la paix, recourir à des instances démocratiques et participatives qui se fondent sur l’implication active de la base, telle que la radio communautaire. 
 
C’est concrètement ce contexte qui avait dicté l’initiative de la Radio Communautaire Ushirika en Territoire de Rutshuru, Province du Nord Kivu par l’ONG locale CEREBA en collaboration avec la population paysanne cible de Rutshuru. 
 
Pour l’ONG CEREBA, dans le contexte africain, la Radio Communautaire constitue un moyen de communication de masse le plus efficace et accessible. Elle offre la chance d’influencer positivement le changement social dans les milieux ruraux en informant et en motivant la population par des contenus éducationnels, les valeurs et les normes indispensables à la paix et au développement rural. Inversement, s’il y a absence du courant d’information et d’éducation, il est très probable que perdurent en place les structures de conflits existants dans lesquelles la dignité humaine reste bafouée. 

Echos de Manono

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